Non, une piscine ne se vide pas entièrement l’hiver. En hivernage passif, on abaisse seulement l’eau d’environ 10 cm sous les buses de refoulement, et en hivernage actif on la laisse presque à son niveau habituel. Les exceptions sont rares : la piscine hors-sol tubulaire démontable, que l’on vide puis range, et la vidange imposée par des travaux ou par une eau devenue impossible à équilibrer. Le bon geste dépend ensuite de votre bassin (liner, coque, béton, acier) et de votre terrain, surtout si la nappe phréatique remonte en hiver. Une vidange mal préparée peut aussi vous valoir une infraction au moment de rejeter l’eau.
En Bref
- Hivernage passif : eau à environ 10 cm sous les buses, canalisations purgées.
- Seuil pour hiverner : eau stabilisée sous 12 °C, certains fabricants retiennent 15 °C.
- Nappe haute : contrôlez le puits de décompression avant toute baisse de niveau.
- Eau saturée en stabilisant : une vidange partielle suffit le plus souvent.
- Rejet : jamais sur la voie publique, jamais dans une fosse septique, chlore retombé à zéro.
Faut-il vider sa piscine l’hiver ? La réponse courte
Gardez l’eau dans votre bassin enterré tout l’hiver, quel que soit son revêtement. Son poids contrebalance la poussée des terres et de la nappe. Sans elle, la structure encaisse seule des efforts pour lesquels elle n’a pas été dimensionnée. Le produit d’hivernage, le traitement choc ou la bâche ne changent rien à ce risque : ils protègent la qualité de l’eau, pas les parois.
Sur les chantiers que j’accompagne, les dégâts d’hiver les plus lourds viennent presque toujours d’un bassin vidé « pour repartir sur une eau propre ». Une eau correctement traitée se conserve pourtant d’une saison à l’autre.
- Enterrée (liner, coque, béton) : on garde l’eau, niveau abaissé en passif.
- Hors-sol acier, bois ou semi-enterrée : on garde l’eau sous le skimmer.
- Hors-sol tubulaire démontable : on vide, on sèche, on range.
Pourquoi une vidange totale met le bassin en danger
Piscine enterrée : poussée du sol et nappe phréatique
Un sol gorgé de pluie ou gelé pousse sur les parois depuis l’extérieur, et l’eau du bassin reste la seule force qui s’y oppose. En gelant, l’humidité de la terre prend du volume et accentue cette pression du terrain. Le danger le plus brutal vient d’en dessous : une nappe phréatique haute pousse verticalement sur le radier (la remontée hydrostatique) et peut soulever un bassin vide en une nuit. Un bassin déplacé ne retrouve jamais sa position d’origine.
Le puits de décompression sert à surveiller et soulager cette poussée. C’est un tube PVC vertical descendu contre le bassin jusqu’au lit de gravier drainant sous le radier. Comparez le niveau d’eau du tube à celui de la piscine : si le puits monte plus haut, la poussée extérieure l’emporte. Univers Maisons conseille de pomper dès que l’eau atteint 20 à 30 cm dans la buse, et toujours avant de baisser le niveau du bassin, en particulier après de fortes pluies. Un curage annuel évite que feuilles et sédiments bouchent les fentes du drain. Votre piscine n’a pas de puits ? Vous ignorez alors la pression sous le radier, donc n’abaissez jamais l’eau au-delà du strict nécessaire.
Liner, coque, béton : des fragilités différentes
Chaque revêtement réagit à sa manière au manque d’eau :
- Liner : privé de la pression qui le plaque contre les parois, il se rétracte au froid, plisse et peut sortir de son rail d’accroche. Une déformation du liner impose souvent son remplacement.
- Coque polyester : légère, elle est la plus exposée au soulèvement et aux microfissures sous la poussée latérale.
- Béton carrelé : il résiste mieux aux terres, mais un radier soumis à la nappe peut fissurer, et les joints exposés à l’air subissent les cycles de gel et de dégel.
Quel niveau d’eau garder en hivernage actif ou passif
En hivernage passif, descendez l’eau d’environ 10 cm sous les buses de refoulement et la bouche des skimmers, puis purgez les canalisations, la pompe et le filtre. Bouchons d’hivernage sur les refoulements et la prise balai, gizmos dans les skimmers, flotteurs d’hivernage en diagonale : ces accessoires absorbent la dilatation de la glace. En hivernage actif, la filtration tourne au ralenti et l’eau reste à son niveau habituel, avec un coffret hors-gel qui relance la pompe quand le thermomètre chute. Deux règles de durée circulent sur le marché : température de l’eau divisée par 3 ou par 2, soit 2 ou 3 heures par jour pour une eau à 6 °C. Un volet roulant oblige parfois à remonter le niveau, selon la notice du fabricant.
| Type de bassin | Vider ? | Niveau conseillé |
|---|---|---|
| Enterré à liner | Non | 10 cm sous les refoulements (passif) |
| Coque polyester | Non | Idem, puits surveillé |
| Béton carrelé | Non | Idem, ou niveau normal en actif |
| Hors-sol acier ou bois | Non | Sous le skimmer |
| Hors-sol tubulaire | Oui, puis ranger | Vide, ou un peu d’eau s’il reste monté |
Piscine hors-sol démontable : le cas où l’on vide et range
La piscine hors-sol tubulaire démontable est le seul modèle que l’on vide chaque automne, parce qu’elle est conçue pour être rangée. Laissée dehors, sa toile PVC durcit au froid et fatigue au vent, tandis que ses tubes et sangles supportent mal le gel. La méthode tient en quatre gestes :
- coupez le chlore quelques jours avant, jusqu’à ce que le taux retombe ;
- videz par la vanne de vidange ou avec une pompe vide-cave, en respectant les règles de rejet ;
- rincez la toile et laissez-la sécher entièrement, sur les deux faces, avant de la plier pour éviter les moisissures ;
- purgez pompe et filtre à cartouche, puis stockez le tout dans un local hors gel.
Vous préférez la laisser montée ? Gardez alors de l’eau, posez des flotteurs et une bâche d’hivernage ajustée, et vérifiez de temps en temps que le niveau ne baisse pas, signe d’une fuite. Les hors-sol acier, bois ou semi-enterrés ne se vident jamais : sans lest, la paroi se déforme et le liner plisse.
Les rares cas où vider sa piscine se justifie, et comment le faire
Une vidange complète du bassin se justifie pour des travaux (changement de liner, reprise d’une fissure, rénovation d’enduit). Programmez-la hors période de gel et de nappe haute, et remplissez dès la fin du chantier.
Le signe le plus fréquent d’une eau à renouveler reste un stabilisant (acide cyanurique) trop élevé, typique des galets de chlore stabilisé utilisés saison après saison. Le chlore ne désinfecte plus : l’eau verdit malgré les chocs et le pH dérive en quelques jours. Aucun produit ne corrige durablement ce stabilisant, seule la dilution fonctionne. Une vidange partielle, souvent de la moitié de l’eau si le taux est très haut, règle le problème sans exposer la structure. Une dureté calcique excessive, qui entartre parois et équipements, se traite de la même façon.
Côté rejet, l’article 22 du décret du 3 juin 1994 interdit d’envoyer les eaux de vidange des bassins de natation dans les réseaux de collecte, sauf dérogation. L’eau d’une piscine privée est généralement assimilée à des eaux usées domestiques, mais les règles varient selon les communes : appelez les services techniques de votre mairie avant de pomper. Ne videz jamais sur la voie publique ni dans une fosse septique, incapable d’absorber un tel volume. Avant tout rejet, vérifiez à la bandelette que le chlore est retombé à zéro.
FAQ
Quand faut-il hiverner une piscine ?
Quand la température de l’eau descend durablement sous 12 °C, en général entre mi-octobre et fin novembre selon la région. Certains fabricants retiennent 15 °C : plus l’eau est chaude au moment de couvrir, plus le traitement doit être soigné. Fiez-vous au thermomètre plongé dans le bassin, car une semaine fraîche ne suffit pas à refroidir l’eau. La remise en service au printemps suit le même seuil.
Est-ce bon de laisser une piscine vide ?
Non, pour une piscine enterrée ou un hors-sol rigide. Vide, le bassin subit la poussée des terres et de la nappe sans contrepoids : soulèvement, fissures, liner plissé ou décroché. Si des travaux imposent une vidange, limitez sa durée au strict nécessaire, surveillez le puits de décompression et remplissez dès la fin du chantier. Seule une tubulaire démontée et rangée peut rester vide sans risque.
Faut-il utiliser du chlore choc avant l’hivernage de la piscine ?
Oui, si l’eau manque de clarté ou si le chlore a chuté. Ajustez d’abord le pH autour de 7,2, réalisez le traitement choc, laissez filtrer 24 à 48 heures, puis ajoutez le produit d’hivernage, algicide et anticalcaire. Aucun de ces produits ne protège la structure du gel. Votre prochaine étape : mesurez la température de votre eau cette semaine pour fixer la date d’hivernage.
Passionné par le monde de la piscine depuis toujours, j’exerce le métier de pisciniste avec 31 ans d’énergie et de savoir-faire. J’aime créer des espaces de détente et de plaisir adaptés à chaque cliente et client.



